Donnons la chance à nos enfants de bien grandir

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 J’ai eu une enfance avec  beaucoup d  intimidation à l’école. À cette époque de ma vie, je pensais qu’avoir une famille à moi me permettrait de me sentir exister et de me sentir importante.

À l’âge de 19 ans, j’ai rencontré un gars qui lui avait 29 ans. Tu sais, le genre de relation qui commence par un coup de foudre au premier regard. En plus de tout ça, il me faisait sentir belle et s’intéressait à moi. C’était très rare, à ce moment-là, que quelqu’un s’intéresse vraiment à moi.

À ce moment-là, j’étais convaincue que j’allais passer ma vie avec lui. J’ai vite lâché mon travail, je me suis endettée, et j’ai déménagé avec lui dans un appartement à Montréal. Pour lui, c’était un quartier connu alors que pour moi, qui venais de Longueuil, j’étais dépaysée d’être si loin. Pour lui, qu’est-ce que je n’aurais pas fait! Il m’a amenée à m’isoler, moi qui ne connaissais personne dans cette ville. Je me suis retrouvée complètement seule. Comme je n’avais pas de travail, je n’avais pas de sous pour venir voir ma famille. Un soir, nous nous sommes chicanés. C’était notre première chicane. Cela faisait 3 mois qu’on était en couple. Il m’a frappée, j’ai porté plainte et on s’est quitté. Deux jours après, j’ai passé un test de grossesse. J’étais enceinte. Neuf mois plus tard, j’ai donné naissance à un beau bébé.

J’ai passé toute ma grossesse seule et j’ai recommencé à parler au père lorsque mon gars avait 3 mois. Je lui avais envoyé un email lui disant combien je l’avais aimé, combien je l’aimais encore et que j’allais travailler sur moi. Je lui disais qu’on pourrait être des amis pour réussir, ensemble, à élever le petit. Je n’avais pas eu de père présent et j’aurais tout donné pour que mon coco ait un père. Il m’a répondu qu’il s’excusait et que nous pourrions nous donner une seconde chance. 

À l’époque, j’étais tellement sûre que c’était moi le problème. Après tout, je n’avais que 19 ans et lui, 10 ans de plus que moi. Nous avons donc finalement repris. Cela a duré 6 ans. J’ai vécu énormément de violence psychologique, verbale et physique. On s’est laissé des millions de fois. J’ai même été faire des thérapies pour les femmes battues, mais j’étais tellement renfermée sur moi-même que j’étais sûre que c’était moi le problème. Nous avons eu 2 autres enfants ensemble.

Quand j’étais jeune,  la blonde de mon père  m’ignoraient complètement. J’étais le dernier de ses  soucis. Pour moi, c’était évident : je devais faire mes enfants avec le même homme. Je voulais tellement éviter que mes enfants ressentent tout le mal-être que j’avais vécu étant jeune. Malheureusement, ce n’était pas mieux pour eux de vivre dans une situation de violence avec un père alcoolique qui ne veut pas s’aider. Quand la chicane éclate n’importe quand, c’est loin d’être évident pour personne et encore moins pour de jeunes enfants. Malgré tout, je restais avec le père. Je finissais par croire ce qu’il me disait, que personne ne voudrait de moi.

Un jour, le 17 novembre 2012, nous venions de passer une super belle journée à la parade du Père Noël. Tout allait super bien. J’étais loin de penser que cette journée allait être notre dernière en famille. Nous étions chez des amis. Je voulais rentrer chez moi, mais le père de mes enfants et nos amis avaient décidé qu’on dormirait là. Les 2 hommes étaient saouls. Tout le monde est allé se coucher. Moi, j’étais brûlée. J’ai entendu un gros rire qui m’a réveillé. Je me suis dépêchée pour aller voir. La belle soirée est devenue un cauchemar. J’ai surpris mon copain en train d’abuser de mon gars, de notre gars. Je suis tombée en état de choc. J’ai fait tout ce que j’avais à faire. J’ai fait ce qui est logique. J’ai pris le téléphone et je l’ai dénoncé à la police. Les policiers l’on ensuite embarqué. Il a été reconnu pédophile et a fait un an de prison.

Moi qui pensais que j’étais une mauvaise personne qui méritait tout ce que je vivais à l’époque! J’ai reçu énormément d’aide. Peu de temps après, j’ai rencontré un gars merveilleux. Ça fait maintenant 3 ans qu’il est dans notre vie. Les enfants ne voient plus leur père et ils ont demandé d’appeler mon chum papa. Au début, nous étions contre. Par la suite, mon gars nous a expliqué ses raisons et nous avons vu que pour lui c’était important. Nous avons donc accepté.

Mon chum est vraiment très attentionné. Il est super présent pour nous et nous montre à chaque moment combien il nous aime vraiment. Je ne verrai plus ma vie sans lui. Même s’il n’est pas le géniteur, il a été présent. Ça n’a pas toujours été facile mais il est resté là à nous épauler. Il m’a énormément aidée pendant ma grosse dépression.

Aujourd’hui, je crois en moi. Je crois que personne ne mérite de vivre tout ça. Je n’accepterai plus jamais de vivre dans de telles circonstances. Je travaille sur mes défis et je les réussis. Nous sommes une belle famille recomposée malgré mes séquelles et celles de mes enfants. En conclusion, j’espère que mon histoire pourra aider quelqu’un et que vous allez vous choisir. J’ai appris à me choisir, moi d’abord et mes 3 petits amours.  

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  1. Je suis touchée et émue en lisant ce témoignage! J’y vois plein de résilience, de détermination, de puissance pour faire tout ce chemin. Mes hommages à toi, mamanmultifonction!

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  2. Je suis heureuse de savoir que tu t’es choisie et que tu as trouvé quelqu’un pour t’épauler et te respecter. Je vous souhaite tout le bonheur du monde à toi et ta famille. Merci de vous avoir confier ici, car votre histoire peux en inspirer d’autres! Ne perds jamais espoir, lorsque le soleil se couche les étoiles apparaissent.

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